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Loi sur les chiens dits "dangereux"

La loi sur les chiens dits dangereux a, selon nous, pour principal effet d’éradiquer non pas les chiens dangereux mais les chiens tout court. Une fois de plus, certains parlementaires et responsables de ministères se sont éloignés des réalités du terrain pour privilégier des principes démagogiques fondés sur la lecture des faits divers...


La définition par la loi des "types de chiens susceptibles d'être dangereux" en deux catégories (les chiens d’attaque, les chiens de garde et de défense) est subjective et ambiguë...


Pour nous, les « types de chiens susceptibles d’être dangereux » sont ceux qui ne sont pas correctement éduqués par leurs propriétaires.Les chiens qui se conduisent mal sont, avant tout, des chiens mal conduits. C’est pourquoi, pour notre syndicat, un chien, quelque soit son origine, sa taille ou sa race, est « potentiellement » dangereux quand il est mal socialisé et mal éduqué. Il est donc subjectif, voir impossible, de définir un ensemble de caractères morphologiques particuliers pour décrire un chien « dangereux ». Les appellations choisies par les parlementaires sont, d’ailleurs, particulièrement ambiguës. Qui peut dire exactement la différence entre un chien d’attaque et un chien de défense ? Une personne mordue considérera, à juste titre, qu’elle a été attaquée alors que le possesseur de l’animal pourra affirmer qu’il a défendu ses biens ou sa propriété. Il n’est pas étonnant qu’aucun texte législatif ne définisse précisément ces notions.A la rigueur, on pourrait définir le chien de défense ou d’attaque comme un animal dressé ou conditionné à la pratique du mordant (comme le sont certains chiens dans l’armée, la police ou certains clubs canins) mais les chiens concernés par cette pratique n’ont pas été définis par les décrets du ministère comme des chiens « susceptibles d’être dangereux »…


La catégorisation des chiens dangereux en fonction de leur race (par décret du ministère) est un principe inacceptable et injuste qui punit les maîtres et leurs chiens pour des actes qu’ils n’ont pas commis…

Plutôt que de définir la dangerosité en fonction d’un apprentissage particulier le ministère a préféré catégoriser les chiens en fonction de leur race… Ce principe est inacceptable car il n’est fondé que sur des a priori. Tous les scientifiques le disent : le chien génétiquement dangereux n’existe pas. Pour notre syndicat, la dangerosité d’un chien n’est pas une affaire de race, c’est une affaire d’éducation. Il serait plus judicieux de favoriser la pratique de l’éducation canine plutôt que de stigmatiser l’opinion publique sur certaines races de chiens. De plus, avec la loi de 1999, sous prétexte de prévention, un chien dangereux n’est plus un chien qui a mordu, mais un chien qui pourrait mordre. C’est un principe injuste qui sanctionne les propriétaires et leurs chiens pour des actes qu’ils n’ont pas commis.

La " visite comportementale " est une pratique risquée pour les chiens comme pour les vétérinaires

La plupart des chiens sont " susceptibles d'être dangereux ", non pas parce qu'ils sont malades mais parce qu'ils sont mal éduqués par leurs propriétaires. C'est pourquoi la visite comportementale qui doit permettre de savoir si un chien est " normal " ou " dangereux " sera, à coup sûr, une pratique risquée. Risquée, techniquement et juridiquement, pour la profession vétérinaire parce qu'on ne décèle pas la " dangerosité d'un chien " comme on diagnostique une fracture ou un cancer. Risquée pour les chiens qui n'auront pas la chance d'avoir des propriétaires expérimentés. Car le meilleur et le plus équilibré des chiens dans les mains d'un maître incompétent peut devenir un danger… Le moins que l’on puisse dire c’est que cette vision médicale de la dangerosité ne fait pas l’unanimité. De nombreux vétérinaires sont dubitatifs voire franchement opposés à cette mesure qui risque de nuire, à court terme, à leur clientèle et à l’image de leur profession.

La " formation des propriétaires à la connaissance du chien " est plutôt une bonne chose mais elle risque d'avoir des vertus limitées

Si il suffisait de donner quelques conseils théoriques aux propriétaires pour éduquer parfaitement les chiens nous n'aurions aucune utilité. Nous savons, en spécialistes expérimentés de l'éducation canine, que l'obéissance d'un chien dépend, en grande partie, des aptitudes pratiques de son maître. Nous rencontrons, fréquemment, des propriétaires qui connaissent parfaitement les principes de base du comportement canin mais qui sont incapables d'appliquer des règles de conduite cohérentes avec leurs chiens. Comme l'équitation, l'éducation canine est, avant tout, une activité pratique c'est pourquoi la remise d'une " attestation d'aptitude " sans épreuve de conduite nous semble avoir des vertus limitées.

Non seulement, ces mesures auront une efficacité limitée mais elles auront, à moyen terme,des conséquences funestes. Il est certain que la population canine va fortement diminuer dans les années à venir. Les contraintes techniques, administratives et financières qu'elles imposent aux propriétaires de chiens entraîneront irrémédiablement de nombreux abandons et euthanasies. Il existe pourtant d’autres solutions non coercitives et positives pour réduire les agressions canines. Développer et valoriser la pratique de l’éducation canine, voilà une véritable priorité citoyenne !